Animal transgénique

Un animal transgénique, ou animal génétiquement modifié, est un animal au génome duquel a été introduit par transgénèse un ou plusieurs gènes.



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GloFish le premier animal génétiquement modifié vendu comme animal de compagnie.

Un animal transgénique, ou animal génétiquement modifié, est un animal au génome duquel a été introduit par transgénèse un ou plusieurs gènes. C'est par conséquent un organisme génétiquement modifié (OGM).

Présentation

Contrairement aux plantes transgéniques, qui font l'une des journaux à l'occasion, les animaux transgéniques restent dans l'ombre. Il faut dire que la grande majorité d'entre eux n'en sont toujours qu'au stade de la recherche et du développement. En 1980 est développé le premier animal transgénique. C'est une souris qui sécrète une plus grande quantité d'hormone de croissance[1]. Sa taille est comparable à celle d'un petit rat. La première plante transgénique est développée trois ans plus tard. En plus de la recherche principale, la transgénèse est appliquée aux animaux d'élevage. Certains animaux transgéniques servent à fabriquer des produits thérapeutiques et d'autres pourraient être utilisés comme donneurs d'organes.

La recherche principale

La transgénèse rend envisageable la création de modèles pour l'étude des maladies humaines. De plus, le perfectionnement des techniques de transgénèse permet l'utilisation de diverses espèces, comme le porc, dont l'anatomie ressemble énormément à l'être humain.

Les espéces modèles, l'exemple des rongeurs

La souris et le rat sont des animaux particulièrement utilisés dans les laboratoires de recherche pour tester la toxicité de certaines substances, pour servir de modèle dans l'étude de certaines maladies, pour le test de nouvelles thérapies ou la production d'anticorps monoclonaux.

En 1982 le premier animal transgénique est développé, c'est une souris qui sécrétait une plus grande quantité d'hormone de croissance que la normale. Sa taille était comparable à celle d'un petit rat. La première plante transgénique n'a été développée qu'un an plus tard[2].

Des souris génétiquement modifiées, les souris knock-out, permettent, grâce à une modification génétique donnée, d'étudier le rôle d'un gène en observant les conséquences de son inactivation. L'étude du rôle d'un gène peut aussi passer par l'observation de souris transgéniques surexprimant ce gène.

La souris génétiquement modifiée est une valeur montante de la recherche pharmaceutique. Ainsi l'entreprise française GenOway, en passe de devenir l'un des leader du marché du rongeur génétiquement modifié a vu son titre augmenter de près de 10 % le 17 octobre 2007 sur le marché Alternext, après l'annonce de la signature d'un contrat de 2 millions de dollars (1, 4 million d'euros) avec un laboratoire américain désirant garder l'anonymat. Le chiffre d'affaires 2006 de GenOway, estimé à 4, 4 millions d'euros devrait être doublé en 2007[3].

Le prix d'une souris génétiquement modifiée se situe entre 50 et 100 000 euros[3].

Autres espèces modèles et production de protéines thérapeutiques dans le lait, l'exemple des lagomorphes

Les lagomorphes composent un ordre de mammifères, auquel appartient les lapins. Le lapin est un autre exemple de modèle animal. Le lapin est utilisé comme animal modèle dans l'étude de certaines maladies, pour tester la toxicité de médicaments, ou pour produire des protéines ou des vaccins recombinants.

Le perfectionnement d'animaux d'élevage

Dès 1985, des chercheurs du ministère de l'agriculture des États-Unis (USDA) réussissaient à générer des porcs sur-exprimant l'hormone de croissance. L'objectif est de créer des animaux plus maigres et plus musclés. L'objectif a été atteint, mais les porcs sont alors plus sensibles à certaines maladies, comme les pneumonies et l'arthrite. Le projet est alors abandonné. Des travaux identiques sont aujourd'hui en cours chez le poisson. A titre d'exemple, en 2001, une compagnie a déposé aux autorités américaines une demande de commercialisation pour un saumon transgénique exprimant un surplus d'hormone de croissance. Ainsi il atteint sa taille adulte plus rapidement, sans cependant la dépasser. La demande de commercialisation est toujours à l'étude. Toujours en 2001, des chercheurs de l'Université de Guelph ont inséré chez le porc un gène bactérien qui exprime la phytase dans les glandes salivaires. La raison de cet insertion est la nature de cette enzyme qui aide à mieux absorber le phosphore contenu dans la moulée. Contrairement aux animaux polygastriques (ex. vaches et chèvres), les animaux monogastriques, dont les porcs, ne sont pas des hôtes pour les micro-organismes qui sécrètent cette enzyme. Ainsi, pour maximiser leur croissance, du phosphore doit être ajouté à leur alimentation. Conséquemment, le lisier qu'ils produisent en contient énormément. Or, ce rejet de phosphore forme le facteur de pollution principal de la filière porcine

Chez la vache, plusieurs modifications ont été effectuées pour changer la composition de son lait ou d'en augmenter la production. A titre d'exemple, il est envisageable d'en diminuer la teneur en lactose, qui provoque de l'intolérance chez certains consommateurs [4]. Pour favoriser la fabrication du fromage, la teneur en caséine peut être augmentée. D'autres modifications visent l'augmentation des oméga-3, reconnus bénéfiques pour la santé. La transgénèse permet aussi la production de protéines anti-bactériennes dans les glandes mammaires des vaches, diminuant ainsi l'utilisation d'antibiotiques pour prévenir les mammites (infections des pis).

Les modifications génétiques ne s'appliquent pas uniquement aux animaux d'élevage. En effet, depuis 2004 une compagnie américaine commercialise un poisson rouge fluorescent (GlofishMC). Ce dernier exprime un gène de fluorescence provenant d'un corail. Aussi, dernièrement, un lapin fluorescent a été exposé dans un musée européen comme objet d'art[5].

D'autre part, la transgénèse permet l'introduction d'un gène sécrétant une protéine fluorescente dans le dispositif reproducteur mâle d'anophèles (insectes). La séparation à grande échelle des mâles et des femelles est ainsi plus facile. Les mâles sont stérilisés et pourraient être relâchés afin d'abaisser la population de ces moustiques reconnus pour propager la malaria.

Moléculture

Au Québec, une compagnie a développé des chèvres transgéniques qui produisent dans leur lait une protéine provenant de l'araignée. Cette dernière utilise la protéine pour la production de son fil. Ce dernier étant reconnu comme particulièrement résistant, le marché visé par la compagnie est l'industrie militaire (vestes pare-balles).

On appelle moléculture cette utilisation d'organismes vivants génétiquement modifiés pour la fabrication de produits industriels.

Xénotransplantation

La pénurie croissante d'organes d'origine humaine pour les greffes a incité les chercheurs à se tourner vers les animaux, surtout vers le porc. En réalité, des milliers de porcs sont abattus quotidiennement pour l'alimentation et une grande quantité d'organes pourraient être récupérées de ces abattages. De plus, ces animaux peuvent être reproduits en milieux dépourvus de pathogènes, ce qui diminue d'autant les risques de transmission de maladies infectieuses pour l'humain.

La xénotransplantation (transplantation d'organes d'animaux chez l'humain) se heurte à un problème majeur : le rejet des organes d'origine animale par notre dispositif immunitaire. Quoi faire ? L'inactivation d'un certain gène porcin et l'ajout de certains gènes humains chez des porcs transgéniques sont susceptibles de diminuer ce rejet. D'ailleurs, une fois greffés chez des singes, les reins de ces animaux n'ont fait l'objet d'aucun rejet pendant plusieurs mois. Cependant, aucune tentative n'a été réalisée chez l'humain, car certains risques potentiels doivent toujours être évalués, tel que le transfert envisageable de virus du porc à l'humain.

Avenir

Mis à part les poissons rouges fluorescents, les exemples mentionnés plus haut sont à divers stades de développement. Leur commercialisation, ou non, dépendra de leur coût économique et de l'évaluation de leurs risques environnementaux et sanitaires (pour l'animal et l'humain). De plus, les agences gouvernementales concernées devront s'assurer que leur règlementation actuelle sera ajustée pour pouvoir encadrer de façon correcte d'éventuelles mises en marché d'animaux transgéniques.

L'avenir de cette technologie est intimement lié à l'acceptation par la population de cette innovation technologique, les débats autour de l'utilisation d'OGM ont montré que la transgénèse pouvait être perçue par certains comme un changement radical face aux pratiques respectant les traditions d'amélioration animale.

Notes et références

  1. (en) Marx JL, «Building bigger mice through gene transfer», dans Science, vol.  218, no 4579, 24 decembre 1982, p.  1298 [lien PMID] 
  2. Encyclopédie Universalis, v. 11, 2005, article Organismes génétiquement modifiés - repères chronologiques
  3. ab Un marché particulièrement porteur : la souris mutante, Le Monde, édition du 18.10.07.
  4. Les OGM à l'INRA, OGM et santé humaine
  5. Eduardo Kac, Bio Art Transgenic works and other living pieces

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 17/09/2009.
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