Élément transposable

Un élément transposable, nommé quelquefois à tort transposon, est une séquence d'ADN capable de se déplacer et de se multiplier de manière autonome dans un génome, par un mécanisme nommé transposition.



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Génétique

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  • Les auteurs montrent que l'élément transposable est localisé entre deux gènes... Le séquençage des transcrits de CG 4322 donne les séquences montrées en 2D.... (source : biologie.univ-mrs)

Un élément transposable, nommé quelquefois à tort transposon, est une séquence d'ADN capable de se déplacer et de se multiplier de manière autonome dans un génome, par un mécanisme nommé transposition. Présents chez l'ensemble des organismes vivants, les éléments transposables sont un des constituants principaux des génomes eucaryotes.

Historique

La découverte en a été faite par Barbara McClintock au début des années 50 et qui a reçu le Prix Nobel de médecine en 1983.

Structure

Les éléments transposables les plus simples se nomment "séquences d'insertion" (IS). Une IS est un simple gène qui code la transposase (enzyme effectuant la transposition) ; ce gène est encadré par des inverse repeats (séquence de nucléotides inversément répétés) qui marquent les extrémités de l'IS et qui autorisent la transposase de les reconnaître comme telles. La transposition est spécifique dans le sens où les IS s'intègrent dans un site composé de deux direct repeats (séquence de quelques nucléotides directement répétés). Une IS insérée sera toujours encadrée de séquences directement répétées spécifiques à sa transposase.

Les transposons, le plus souvent connus pour leur importance dans le transfert de fonctions, sont des éléments mobiles constitués d'une séquence d'ADN, laquelle pouvant être un ou plusieurs gènes de résistance à un antibiotique, résistance aux métaux lourds, production de toxine, protéines de structure, etc. Cette séquence est encadrée par deux IS qui déplaceront la séquence qu'elles encadrent. Ces trois éléments forment le transposon et sont indissociables, la transposase n'excise une séquence de l'ADN qu'à condition de reconnaitre la direct repeat de l'hôte et l'inverse repeat de l'IS qui la jouxte.

Part dans les génomes

Assez peu habituels dans les petits génomes (bactéries, levures), les éléments transposables y ont cependant toujours été trouvés en petit nombre (peu de familles différentes et peu de copies par famille). A contrario, les éléments transposables forment une grande partie de l'ADN répété des grands génomes. À titre d'exemple, 45% du génome de l'homme sont des éléments transposables ou des séquences dérivées d'éléments transposables, contre à peu près 15% chez la mouche Drosophile (Drosophila melanogaster) et plus de 70% chez le maïs (Zea mais), comme chez la majorité des angiospermes. À eux seuls, ils peuvent expliquer d'importantes différences dans les tailles du génome d'organismes proches.

Éléments à ARN

Ces éléments à ARN sont dits de classe I. Fonctionnant sur le principe du «copier-coller», les éléments de classe I, nommés rétro transposons (pour les éléments à LTR) ou rétro posons (pour les éléments sans LTR) transposent via un intermédiaire ARN, obtenu par une classique de la séquence de l'élément, et avant leur réinsertion. On peut distinguer fréquemment les éléments dits «à LTR» (pour Long Terminal Repeats), qui sont encadrées par de longues répétitions non inversées, et les éléments «sans LTR», qui n'en possèdent pas. Leur mécanisme de transposition est complètement différent, le cycle des éléments à LTR ressemblant beaucoup à celui d'un rétrovirus. On a soupçonné d'ailleurs pendant longtemps les éléments à LTR d'être d'anciens virus ayant perdu leur capacité à sortir de la cellule, mais les récentes découvertes tendent à montrer qu'au contraire les rétrovirus sont d'anciens éléments transposables à LTR ayant gagné cette capacité infectieuse.

Les éléments «à LTR» codent la fabrication de différentes protéines dont une (participant à la réplication de l'ADN), une intégrase (donnant la possibilité l'intégration du transposon répliqué à l'ADN du chromosome) et une protéase (impliqué dans la maturation des protéines de l'élément). Les éléments «sans LTR», nommé aussi LINE (Long Interspersed Nuclear Element), codent une protéine unique donnant la possibilité la séparation, la réplication et l'intégration du transposon.

Les éléments de classe I sont majoritaires chez de nombreux végétaux (de 10% chez Arabidopsis thaliana a 95% du génome de certaines Liliaceæ et Triticeæ), chez la levure et chez les mammifères.

Éléments à ADN

Ces éléments à ADN sont dits de classe II. Les éléments de classe II, ou transposons, transposent sur le mode du "couper-coller" (ex : Tn10, Tn5 Mos1, élément P) ou "copier-coller" (ex : IS911), c'est-à-dire que leur transposition est soit couplée à leur excision de leur site d'origine (couper) ou leur réplication (copier). Certains sont autonomes (Transposons a ADN per se, codant une enzyme, la Transposase, donnant la possibilité son propre transfert après réplication) et d'autres non-autonomes, devant utiliser la machinerie des éléments autonomes (MITEs, Miniature Inverted repeat Transposable Elements).

Les éléments à ADN sont nombreux chez les insectes mais se retrouvent dans l'ensemble des organismes (20% du génome du blé tendre ou du riz sont constitués de ces éléments). Ce sont aussi les seuls éléments transposables connus chez les bactéries ou les archées, où ils sont nommés Séquences d'insertion (ou IS en anglais).

Évolution des éléments transposables

Malgré l'existence d'exemples ponctuels du rôle de séquences dérivées d'éléments transposables dans certaines fonctions génétiques, les éléments sont pour la majorité inutiles à la cellule vivante, et quelquefois même défavorables. Leur mobilité est source de mutations, créatrice de diversité génétique, mais également cause de maladies génétiques. Pour ces raisons, la présence des éléments transposables dans les génomes est depuis longtemps controversée : elle peut difficilement être justifiée par leur rôle potentiel dans l'évolution des organismes ; ils sont fréquemment vus comme des parasites génétiques, dont l'activité ne sert qu'à assurer leur propre persistance au cours des générations.

Mais aujourd'hui la théorie de l'ADN "égoïste" est plutôt en retrait. En effet, plusieurs expériences penchent en faveur d'un rôle prédominant de ces éléments transposables dans l'évolution des espèces, par la création de nouveaux gènes. Ils seraient aussi une source d'amortissement des mutations dues à l'environnement, ces mutations intervenant plus fréquemment dans les zones non-codantes que dans les gènes si ces zones non-codantes sont majoritaires.

Éléments transposables et maladies

Les transposons semblent intervenir dans différentes maladies humaines[1] :

  • Certaines formes d'hémophilies seraient dues à l'insertion d'un élément transposable au sein du gène codant le facteur VIII dont le déficit en production altère les possibilités de coagulation sanguine.
  • Certains transposons ont été incriminés dans la genèse des cancers par leur insertion au niveau d'un gène répresseur.

Notes et références

  1. Dominique Anxolabéhère, Danielle Nouaud, Hadi Quesneville, Stéphane Ronsseray, «Transposons : des gènes anarchistes ?», dans Pour la Science (ISSN 0153-4092) , no 351, janvier 2007, p 82-89.

Liens externes

Un Wiki particulièrement dédié à ces éléments est disponible sur http ://www. wikiposon. org

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